Ni elfe, ni humain

Quand j'ai imaginé Soleris, j'avais envie de créer un personnage qui appartient à deux mondes sans en posséder aucun. Le demi-elfe dans la fantasy classique est souvent soit une curiosité, soit un super-héros discret. J'ai voulu en faire quelque chose de plus douloureux.

Soleris ne sait pas qu'il est demi-elfe pendant les premières années de sa vie. Il grandit comme un humain, dans un village humain, avec des parents adoptifs humains. Sa « différence » — yeux légèrement trop verts, traits un peu trop fins — n'est jamais nommée. Elle est juste là, sourde.

L'identité comme question ouverte

Le roman pose une question simple mais difficile : est-on ce qu'on naît, ou ce qu'on devient ? Soleris est biologiquement fils d'un elfe et d'une humaine. Mais il a été élevé par des humains, dans leur culture, leurs valeurs, leurs peurs.

Quand la vérité éclate, il ne sait pas dans quel camp se ranger — et c'est précisément là que l'histoire commence.

Le monde comme miroir

Le conflit entre races dans Les Racines Oubliées n'est pas un prétexte à des batailles épiques. C'est un miroir de la crise identitaire de Soleris. Plus il avance dans son voyage, plus il comprend que la frontière entre « nous » et « eux » est une construction politique — pas une réalité biologique.

Ivakar est un monde en train de se fracasser sur ses propres préjugés. Soleris, lui, apprend à vivre avec les siens.