Partir du sol, pas du ciel

La plupart des auteurs de fantasy commencent par une carte. Moi, j'ai commencé par une scène : un enfant qui regarde par la fenêtre d'une maison au toit de chaume, le marché du village en contrebas.

Précalm est né avant Ivakar. Le village avant le continent. La routine avant les légendes.

Cette méthode — que j'appelle du bas vers le haut — a une conséquence importante : le monde grandit uniquement là où le personnage va. Je ne sais pas encore à quoi ressemble la côte sud d'Ivakar. Je ne le saurai que si Soleris y met un jour les pieds.

Le risque de la cohérence

Le revers de cette approche, c'est que les contradictions surgissent tard. J'ai dû réécrire la géographie des plaines d'Agasur après avoir réalisé que mes distances ne collaient pas avec le rythme de marche de mes personnages.

Mais ces contradictions sont aussi fertiles. Elles m'obligent à penser le monde plutôt qu'à le décréter.

Les fiches comme ancrage

Aujourd'hui, chaque lieu, chaque race, chaque guilde a sa fiche dans l'encyclopédie du projet. Ces fiches ne sont pas écrites pour le lecteur — elles sont écrites pour moi, pour ne pas me contredire d'un chapitre à l'autre.

Mais puisque vous êtes là, autant les partager. Elles font partie de l'aventure.